[CHINE] Le succès fulgurant du paiement mobile

Le succès fulgurant du paiement mobile

 

Les avancées technologiques liées au paiement par téléphone ont connu, en Chine, un développement phénoménal en seulement 5 ans. A la fois ultra rapide, sécurisé et gratuit, le recours au portefeuille électronique séduit aujourd’hui 450 millions de Chinois. Un formidable moyen pour les marques et les enseignes de tout savoir (ou presque !) des habitudes et préférences de leurs clients.

 

C’est souvent le premier réflexe le matin, au réveil. On s’empare de son Smartphone, pour consulter ses messages, pianoter quelques mots, étudier l’activité de ses réseaux sociaux. Puis on glisse son précieux compagnon dans sa poche ; pour le ressortir deux minutes plus tard. Le téléphone portable est devenu cet objet indispensable, dont on ne se sépare plus jamais. « Certains, en Chine, l’ont bien compris et ont su voir dans ce qui était alors les balbutiements de l’Internet mobile, un gigantesque potentiel, analyse Stéphane Joly, vice-président exécutif, Altavia Asie. De grands groupes comme Tencent ont concentré tous leurs efforts technologiques sur l’usage du mobile, qui a explosé en l’espace de quelques années. » Les Chinois passent désormais leur temps à scanner des QR codes pour accéder à des applications ou des sites, payer des produits ou des services. Tout se fait avec le téléphone portable.

 

Le succès du portefeuille électronique

 

Qu’ils utilisent WeChat Pay (Tencent) ou Alipay (Alibaba), les Chinois sont de plus en plus nombreux à dégainer leur Smartphone pour payer. Plus de 450  millions ! « Cette pratique est totalement rentrée dans les mœurs, alors qu’elle n’existait pas il y a 5 ans, constate Stéphane Joly. Aujourd’hui, je n’ai plus de cash sur moi – tout comme 45 % des adeptes du portefeuille électronique – Lorsque je vais au restaurant, je paye avec mon téléphone. Même chose pour le taxi, le supermarché, le petit café au boui-boui du coin. Tout le monde est équipé de lecteurs de QR codes ! ».

 

Le volume de paiement par téléphone portable en Chine représente 5,5 milliards de milliards (trillions) de dollars. Soit 50 fois la taille du marché américain (10 fois plus, à population comparable).

 

Une pratique totalement sécurisée, gratuite, efficace, qui représente un gain de temps non négligeable pour les utilisateurs (scanner et payer prend seulement quelques secondes). Sans oublier, la liberté d’esprit, apportée par la disparition des espèces.

 

Toujours une longueur d’avance 

 

Derrière le succès phénoménal de WeChat, lancée en 2011, le groupe de nouvelles technologies chinois Tencent. Un nom quasiment inconnu en Europe, qui connaît pourtant une ascension vertigineuse depuis plusieurs années. L’entreprise s’est hissée parmi les 10 sociétés les plus cotées au monde, avec une capitalisation de 300 milliards de dollars (la première place étant occupée par Apple, avec 800 milliards de dollars).

 

D’un simple système de messagerie, WeChat est devenue aujourd’hui une application qui permet de presque tout faire ;  les internautes chinois y consacreraient 30 % de leur temps en ligne. En 2013, deux messageries étaient pourtant fortement utilisées : QQ, avec 820 millions d’utilisateurs et la jeune WeChat, qui ne comptait alors que 200 millions de fidèles. Quatre ans plus tard, QQ, n’a pas évolué et se trouve sur le point de disparaître, tandis que WeChat, qui a intégré dans ses fonctionnalités le paiement mobile, a multiplié par 5 le nombre de ses utilisateurs. Une messagerie sans paiement n’a pas d’avenir en Chine, et ça, Tencet l’a vite saisi.

 

Et l’aventure est loin d’être terminée. Concernant le portefeuille électronique, « les Chinois sont en permanence en train de réfléchir aux moyens de rendre les utilisateurs encore plus à l’aise et confiants, remarque Stéphane Joly. Ant Financial, l’une des filiales d’Alibaba, vient d’acquérir la start-up américaine EyeVerify et sa technologie d’identification oculaire pour les applications mobiles. La sécurisation des transactions avec l’empreinte du pouce sera bientôt remplacée par un système que l’on dit inviolable. » Oui, la Chine a toujours une longueur d’avance !

 

Avoir la mainmise sur les transactions

 

La concentration des efforts technologiques sur l’usage du mobile et plus précisément le paiement par téléphone révèlent un choix très stratégique. « Sachant que, dans la connaissance du client, le nerf de la guerre réside dans la compréhension de ses transactions, favoriser le succès du portefeuille électronique est plus que pertinent, considère Stéphane Joly. Les Chinois ont tout misé sur la technologie du QR code, que l’on scanne avec son portable, uniquement dans l’optique d’avoir la mainmise sur ces fameuses transactions. » Les données collectées sont en effet considérables et les marques savent tout du comportement et des habitudes de leurs clients. Rien de tel, par exemple, pour lancer une campagne de promotion parfaitement ciblée, qui aura les effets escomptés.