Étienne St-Denis, la passion des mots

Etienne St Denis

 

Directeur de la création chez CloudRaker, Étienne St-Denis est passionné d’écriture depuis l’âge de 16 ans. Il y a 4 ans, il publie son premier roman, « L’absence ». Retour sur un parcours riche, nourri de rencontres décisives, où l’écriture a eu le dernier mot.

Quel a été votre parcours professionnel ?

J’ai commencé à travailler dans une agence publicitaire, Twist Image, en 2001, avant d’avoir validé mon diplôme universitaire. Nous étions alors 6. Six ans plus tard, l’agence comptait… 125 salariés ! Entre temps, nous avons fait évoluer l’offre de service et nous nous sommes spécialisés dans le numérique. J’ai tout appris sur le tas, en lisant des livres. Aujourd’hui, Twist Image appartient au groupe WPP et a été rebaptisée Mirum. J’ai ensuite intégré SidLaee, au sein de l’équipe numérique ; j’y suis resté également 6 ans. Nous avons fait évoluer l’offre de l’agence en la diversifiant et en proposant davantage d’expériences digitales, que ce soit sur le web ou en points de vente : tablettes, projections interactives…

 

A cette époque, vous avez été témoin de gros changements, comme l’arrivée des téléphones intelligents…

Exactement. Et cela a modifié la manière de naviguer sur Internet et par conséquent, l’approche qu’on en avait : écrans plus petits, limitation des données… Nous avons dû nous réinventer. Suite à cette expérience, j’ai fait des piges et, il y a 3 ans et demi, je suis entré chez CloudRaker. L’agence était, à ce moment-là, à un tournant et cherchait à reconsolider son offre.

 

Parlez-nous un peu de CloudRaker

CloudRaker a été créé en 2001 et a toujours été spécialisée dans le digital, en ajoutant notamment, au fil des ans,  du conseil et de la production de contenus. CloudRaker a en effet lancé son propre magazine papier Cloud & Co.

 

Quel était le défi lorsque vous avez intégré CloudRaker ?

Il s’agissait de se recentrer sur l’interactif et la conception d’expériences. L’agence a notamment développé l’application Action Shot, à destination du grand public. Le principe : capturer plusieurs moments d’une action en une seule image. Plus de 2,6 millions de personnes l’utilisent à travers le monde ! Lorsque CloudRaker a rejoint le groupe Altavia il y a un an et demi, nous nous sommes logiquement focalisés sur le secteur du retail.

 

Pouvez-vous nous parler un peu de vous et de votre envie d’écrire ?

Entre 12 et 16 ans, mes deux passions étaient le dessin et la guitare. Un peu plus tard, mes parents ont suggéré, pour des raisons financières, que je me dirige professionnellement vers le graphisme et que je joue de la guitare comme hobby. Au même moment, alors que j’étais au lycée, grâce à mes professeurs de philosophie et de français, j’ai développé un intérêt grandissant pour les lettres.  Cette nouvelle passion m’a permis de trouver un autre moyen d’exprimer ma créativité. Très complémentaire. L’écriture est un medium plus tangible et plus pérenne que la musique, par exemple. Et cela demande plus de réflexion. En ce qui me concerne, en tout cas.

 

Comment est née l’idée d’écrire un livre ?

J’écrivais des nouvelles depuis l’école et je voulais me mettre au défi et  savoir si j’étais capable de mener un tel projet à terme. L’exercice cérébral de trouver les bons  mots se perd rapidement…

 

Pouvez-vous nous présenter votre livre ?

Il s’intitule « L’absence » et il est sorti il y a 4 ans. C’est un livre que je voulais très personnel et que j’ai choisi de rédiger à la première personne. Je souhaitais également lui apporter une dimension philosophique, sans qu’il ne devienne pour autant prétentieux. J’ai abordé sa conception de la même manière que mon travail au quotidien, dans le cadre de la création de sites Web. J’ai fait un plan, comme une sorte de « parcours utilisateur », à l’aide de post-its sur deux rangées. Chaque post-it représentait un événement. La rangée située au-dessus symbolisait l’évolution psychologique du personnage et celle du dessous, les moments marquants de sa vie.

 

Petit à petit, à raison d’un chapitre par mois en moyenne, mon livre s’écrivait.

 

Il a ensuite fallu faire un travail de révision, une tâche peu évidente à mener tout seul. J’ai donc fait lire mon livre à plusieurs personnes, ce qui m’a permis de prendre du recul : même si l’écriture est un exercice très personnel, il ne fallait pas oublier que dans ce cas, le but était d’en partager le résultats avec les autres.

 

Que raconte « L’absence » ?

C’est l’histoire de la compréhension que l’on a de la mort, à différentes périodes de notre vie. Le premier chapitre adopte, par exemple, le point de vue d’un enfant de 5 ans. Le second dévoile les pensées d’un adolescent de 16 ans.

 

Comment le livre  a-t-il été publié ?

La Société des Ecrivains m’a proposé un arrangement, à mi-chemin entre l’édition traditionnelle et le compte d’auteur : prendre en charge le travail éditorial, de la relecture à l’impression tandis que je devais gérer la promotion en participant, par exemple, à des événements. Lors du lancement, à Montréal, j’ai réalisé que je n’étais pas un « pro » de l’organisation d’événements !

 

Vos collègues ont-ils lu « L’absence » ?

La plupart de mes collègues ont effectivement lu le livre, et l’ont presque tous aimé. Ils ont notamment apprécié le fait que les points de vue changent au fil des chapitres, apportant une grande variété de tons.

 

Avez-vous un projet de second roman ?

Tout à fait ! Pour l’instant, le projet s’intitule « Le Duel », développant l’idée que chacun de nous souhaite laisser sa marque dans l’Histoire, trouver sa raison d’être. Un sujet sérieux, que j’essaie d’aborder, encore une fois, avec légèreté.