Le mot de la semaine : Collapsologie

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Champ de recherche naissant, initié en dehors de l’univers universitaire, la collapsologie est l’étude de l’effondrement de notre civilisation, annoncé comme imminent. –« To collapse » signifie, en anglais, « s’effondrer ».

Ce courant de pensée a été initié par Pablo Servigne et Raphaël Stevens, auteurs du best seller Comment tout peut s’effondrer, Petit manuel de collapsologie, paru au Seuil en 2015. Pour la première fois, est mise en lumière la convergence de toutes les crises – climatiques, écologiques, biologiques, économiques…-, annonçant ainsi un effondrement systémique imminent.

 

 

Une dimension émotionnelle

Jusqu’à présent, la conscience de la précarité de notre civilisation était appréhendée intellectuellement. La collapsologie intègre une forte dimension émotionnelle face au faisceau de preuves annonçant l’effondrement imminent, allant même jusqu’à provoquer des dépressions chez certains. Les détracteurs de cette discipline s’en prennent d’ailleurs non pas aux arguments mais à la démarche, porteuse d’un pessimisme inhibant pour l’action.

 

Une possibilité

Que l’on croit ou non à la thèse de l’effondrement imminent, il n’en reste pas moins que l’idée que cela puisse arriver s’installe dans les esprits comme une possibilité. Dans ce contexte, certaines pratiques de consommation se mettent à changer, notamment dans les pays scandinaves, précurseurs. En Suède, un nouveau mouvement se développe : le Köpskam, la honte d’acheter des vêtements, de faire du shopping.

 

 

Les enseignes réagissent

Pour prendre en compte la transformation de l’opinion, les enseignes multiplient les initiatives : développement du vrac, réduction du plastique, mise en vente des produits non conformes -à un meilleur prix -, travail sur l’efficience énergétique des grandes surfaces… Le programme mondial Act for Food -des Actions concrètes pour mieux manger- lancé en 2018 par Carrefour, s’inscrit dans ce contexte. Le retailer généraliste américain Kroger est également activement engagé dans cette démarche, à travers le programme Zero Hunger, Zero Waste.

 

Ces initiatives se multiplient et sont toujours les bienvenues. Mais elles resteront insuffisantes, tant que ne sera pas remis en question le modèle linéaire – consistant à extraire, fabriquer, consommer et jeter – au profit d’un nouveau modèle circulaire. L’objectif ? Limiter la consommation et les gaspillages de ressources non renouvelables ainsi que la production des déchets, en produisant des biens et des services de manière durable.

 

Bien qu’elle soit décriée pour son pessimisme, la collapsologie joue sans doute un rôle dans la prise de conscience qu’un nouveau modèle s’impose.

 

Par Nathan Stern, Président d’Altavia Shoppermind