Quand les grandes enseignes allient nouvelles tendances de consommation et engagement RSE : le cas des protections féminines

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Tampons, serviettes hygiéniques et protège-slips, en vente en vrac. C’est ce que proposent, depuis le 14 juin, 50 magasins Franprix et Monoprix, deux enseignes du groupe Casino, en partenariat avec la start-up Fava. Aux clientes de choisir entre deux offres, en fonction de leurs besoins : 4 produits au choix pour 1,90€ (offre de dépannage pour une journée) ou 10 produits au choix pour 4,50€ (correspondant à la quantité moyenne de produits d’une boîte de protections hygiéniques traditionnelle). Fava ? La marque française de produits hygiéniques bio et biodégradables, née en mars 2019,  avait de bons arguments pour encourager le groupe Casino à la choisir pour ce projet inédit. Le discours de la start-up, dans l’air du temps et en phase avec la politique RSE du groupe, s’adresse en effet à des clientes soucieuses de respecter leur corps, en choisissant des produits biologiques, sans aucun  produit chimique ni pesticide, et sensibles aux problématiques environnementales. Une association cohérente, dont chaque partie saura sans doute tirer profit.

 

Un partenariat gagnant-gagnant

 

Fava bénéficie du dispositif Casino Services for Equity. Le principe ? En contrepartie d’une prise de participation, le groupe Casino aide les start-up du dispositif à se développer et à accéder à de nouveaux marchés. Un soutien aux entrepreneurs d’autant plus précieux que la crise du Covid a ralenti le développement économique de nombreuses petites structures. S’associer, c’est saisir l’opportunité de commercialisation plus large de ses produits, tandis que l’enseigne s’aventure prudemment dans un business en devenir.

 

Le vrac, une tendance de consommation en plein essor

 

Proposer des protections féminines en vrac est une première, qui surfe sur une tendance de consommation en plein essor. D’après l’enquête menée en décembre 2020 par de NielsenIQ avec Réseau vrac auprès de 9.900 foyers, « La crise sanitaire a ralenti les performances du vrac en 2020 mais il a continué sa progression : +8% l’an dernier, à 1,3 Md€ tous circuits (soit moins de 1% du total PGC-frais LS), contre +41% en 2019, à 1,2 Mds€. » 

Et la croissance continuera vraisemblablement dans les prochaines années. Alors que le vrac était auparavant proposé essentiellement par les magasins bio, pour les produits alimentaires, ce mode de consommation s’est aujourd’hui généralisé à d’autres produits : hygiène personnelle et maison notamment. Les motivations ? Économiques, écologiques et sanitaires : on achète du vrac pour repartir avec la quantité dont on a besoin, réduire ses déchets d’emballage, consommer des produits plus sains et naturels… 

 

Une initiative qui s’appuie également sur une thématique dans l’air du temps : le combat du « tabou des règles ». Se positionner en tant que marques et enseignes ? Un nouveau défi, sans doute vecteur de chiffres d’affaires, qu’elles semblent prêtes à relever. Mais cette initiative révèle surtout, de la part du groupe Casino, l’importance donnée à l’enjeu de la solidarité, en totale adéquation avec son engagement RSE. A chaque vente d’un produit Fava, la marque fait en effet un don à Féminité Sans Abri, une association partenaire qui aide les femmes en situation précaire. De plus, la logistique de l’entreprise est assurée par EBS Espérance, une filiale d’Emmaüs qui favorise la réinsertion professionnelle.

 

Par Laure Barillon, Directrice Stratégie et Conseil, Altavia Nativ