Le Shopper du 21e siècle

L’ultra-transparence dans le retail

L’ultra-transparence dans le retail 1678 1119 Altavia

Un nouveau mantra semble gagner le marché du retail : « l’ultra transparence », lancée par des enseignes visionnaires, faisant table rase des conventions. Une démarche audacieuse, agissant comme un levier de séduction auprès de clients à la recherche d’authenticité. Analyse de cette tendance inspirante avec Thierry Strickler, Retail Market Intelligence Lead chez Altavia.

Un nouvel argument : la transparence

Le tarif, la praticité, l’accessibilité…  sont autant de facteurs importants, qui pèsent dans la décision d’achat des clients. Mais certains d’entre eux portent leur attention sur un autre critère, à leurs yeux, primordial : la transparence. Ils souhaitent savoir comment les produits sont fabriqués, l’origine des matières premières, les conditions de réalisations mais aussi les coûts réels de fabrication et les marges enregistrées par les marques. « Pour mieux convaincre et séduire leurs clients, certains retailers proposent une nouvelle manière de vendre et de faire du commerce, en misant sur la transparence et, pour être plus exact, l’ULTRA-transparence, annonce Thierry Strickler. L’idée première et structurante pour ces marques est de pouvoir répondre, avec des preuves, de la manière dont sont fabriqués les produits – des produits éthiques, responsables, respectueux de l’ensemble des parties prenantes… – et de leur coût réel. »

 

 

A l’origine : les DNVB

Le concept d’ultra transparence a été initié par les DNVB (Digital Native Vertical Brand), marques nées en ligne, qui interagissent avec leurs clients.

 

L’un des précurseurs ? Everlane, marque de prêt à porter américaine, dont le slogan est clairement affiché sur le site « Exceptional quality. Ethical factories. Radical Transparency*. « Nous estimons que nos clients ont le droit de savoir combien cela nous coûte de fabriquer tel ou tel produit, nous révélons donc nos coûts et nos marges » peut-on lire sur le site.

 

Maison Standards, Jules et Jenn, Léo et Violette…

La marque française Maison Standards adopte la même philosophie.« Nous expliquons nos méthodes, nos coûts, nos marges. Nous ouvrons les yeux du consommateur sur les pratiques de l’industrie » déclare son PDG, Uriel Karsenty.

 

Jules & Jenn dont le slogan est « Responsable. Accessible. Essentiel » communique également « toujours en toute transparence ».

 

En voici un très bon exemple :

« Découvrez pourquoi 85€ est le prix juste pour nos chaussures bateau crampons cuir ».

 

 

Léo Dominguez, co-fondateur de la marque Léo et Violette déclare dans une interview à Isal Paris « Nous voulions avant tout jouer sur la transparence. Depuis le début, nous avons établi des valeurs communes sur notre manière de communiquer et de parler de notre marque. Nous avons décidé de communiquer beaucoup sur la fabrication, la transparence autour des matières, et puis aussi, le choix de communiquer sur nous, de se mettre en avant, de raconter qui sont Léo et Violette. Cinq ans après c’est toujours le cas, on passe beaucoup de temps à expliquer les coulisses derrière la création de la marque. En fait, on a senti dès le début que les clients s’attachaient à cette proximité, cette transparence sur notre histoire. »

 

Et les exemples sont de plus en plus nombreux. A l’instar de Sephora, qui a créé une gamme de produits appelée Clean at Sephora, permettant aux clients de repérer facilement les produits sans produits nocifs et écologiquement responsables.

 

 

Leviers de séduction et de confiance

« Dévoiler ses recettes de fabrication et les clés de son business model sont des leviers de séduction et de confiance, analyse Thierry Strickler. Ce positionnement permet aux clients qui sont à la recherche d’authenticité, d’adhérer à un système de valeurs transparent, responsable, sans concession. C’est une manière de créer des liens tangibles et durables avec eux. »

 

Et cette philosophie misant sur l’ultra-transparence ne laisse pas indifférents ceux qui ne la pratiquent pas (encore). « Nous avons affaire à des acteurs disruptifs, qui ont le mérite d’ouvrir une nouvelle voie de navigation à laquelle les retailers référents prêtent attention, noteThierry Strickler. Ce nouveau modèle est en effet attentivement observé par les grands acteurs de la cosmétique, de la distribution alimentaire, de la mode mais aussi du luxe. »

 

Un modèle audacieux, qui a cependant une limite : jamais ne sont évoqués le design et la conception, étapes pourtant essentielles et sources de valeur ajoutée.

 

* Qualité exceptionnelle. Entreprises éthiques. Transparence radicale

 

 

RGPD : Fidzup, l’exemple à suivre

RGPD : Fidzup, l’exemple à suivre 1665 897 Altavia

 

 

Le 19 juillet dernier, la Présidente de la CNIL mettait en demeure Fidzup, spécialiste de la génération de trafic en magasin, pour non respect du règlement général sur la protection des données (RGPD). Après plusieurs mois de travail, la start-up lançait une plateforme de gestion du consentement répondant parfaitement aux exigences de la Commission. La sanction était levée. Fidzup devenait pionnier. Entretien avec Olivier Magnan-Saurin, co-fondateur de la start-up.

L’histoire commence en septembre 2017…

La CNIL mène en effet un audit chez Fidzup à la rentrée 2017 et nous signifie que le consentement concernant la récolte des données n’est pas « explicite et éclairé ». Commencent alors plusieurs d’échanges d’informations et de documents. La mise en demeure de Fidzup a été officialisée le 19 juillet, environ 2 mois après l’entrée en vigueur du RGPD.

 

 

Sur quel point la CNIL a-t-elle exigé une évolution ?

Il s’agissait de revoir le consentement, auprès des utilisateurs finaux, pour accéder à leurs données de position.

Fidzup collecte en fait uniquement des données de localisation – identifiants publicitaires ou Wifi du Smartphone, données de localisation GPS … – ; ces données sont non nominatives : ni nom, ni prénom, ni adresse, ni numéro de téléphone, ni mail. La CNIL les considèrent cependant comme des données personnelles, estimant qu’en les croisant avec des bases de données externes, il est possible de remonter jusqu’à l’identité de la personne.

 

 

Comment avez-vous procédé ?

La CNIL n’a pas vraiment formulé de demande précise ; nous avons compris que c’était à nous de construire le texte et la fenêtre qui allaient être présentés auprès des utilisateurs finaux, pour récolter leur consentement.

 

Après une première proposition, rejetée par la CNIL, nous avons décidé de travailler sur une fenêtre multi-partenaires : cette dernière permettrait de recueillir le consentement pour Fidzup mais aussi pour d’autres acteurs. Nous avons décidé de proposer une liste complète, de manière à vraiment aider les éditeurs. Nous avons contacté l’IAB, une organisation qui regroupe les acteurs de la publicité sur Internet. Grâce à eux, et à condition de respecter le cadre de récolte de consentement, nous avons eu accès à une liste d’adhérents. Nous proposons donc aux éditeurs de recueillir le consentement pour plus de 500 partenaires, à travers une unique fenêtre.

 

Début octobre, nous avons notifié officiellement la CNIL que les travaux que nous avions menés semblaient répondre aux demandes formulées : la plateforme respecte strictement et entièrement les demandes du RGPD. Le 29 novembre, la mise en demeure était levée.

 

 

Avec cette plateforme de consentement, Fidzup se positionne aujourd’hui comme pionnier…

Exactement. Cette fenêtre multi-partenaires a été travaillée jusqu’au moindre détail. Fidzup est en mesure de recueillir des données avec un consentement conforme et  accompagne également les éditeurs qui le souhaitent dans leur mise en conformité en leur proposant d’utiliser sa solution de récolte du consentement qui suivra les évolutions réglementaires. Et nous nous engageons bien sûr à ne pas travailler avec les éditeurs qui ne respectent pas le RGPD.

 

Nous sommes, à l’heure actuelle, le seul acteur du marché du drive-to-store à avoir à la fois l’accord officiel de la CNIL pour opérer ainsi qu’un volume suffisant de données pour accompagner efficacement nos clients dans leurs campagnes, grâce à une base de données récoltée dans le respect du RGPD.

 

 

Paolo Mamo

« Les commerçants doivent changer de perspective », selon Paolo Mamo

« Les commerçants doivent changer de perspective », selon Paolo Mamo 1765 767 Altavia

Quelles sont les tendances actuelles en matière de retail et de consommation ?

Aujourd’hui plus que jamais, il est clairement attendu d’un commerce qu’il soit un espace ouvert sans limites. L’époque des frontières, de l’opposition entre point de vente physique et digital, entre achats sur Internet et hors ligne, entre commerce en ligne et commerce traditionnel est révolue. Certains indicateurs sont, en outre, révélateurs des desiderata des consommateurs : répulsion à l’égard de la massification, engouement pour le partage, soif de personnalisation, envie de créer sa propre marque, amour de la modernité, nostalgie de la tradition. Fidélité pour l’enseigne qui tient ses promesses, capacité d’en décréter la faillite si elle ne les tient pas. Désir d’expériences d’achat ultra-personnalisées. Unicité, impatience, besoin de simplicité, envie de découvrir et d’éprouver des émotions.

 

Quel défi les retailers doivent-ils relever ? Que veut dire créer un « parcours d’achat » ?

L’offre ne peut plus se soustraire à la nécessité de considérer chaque levier (tangible et intangible) comme un moyen fondamental de se distinguer aux yeux de ses clients. Le vrai progrès consiste à saisir les aspects les plus intimes et émotionnels, les non-dits les plus vrais et les plus intérieurs des consommateurs. Le parcours d’achat est unifié, les expériences d’achat oscillent en toute fluidité entre un monde digital qui n’est plus futuriste et un monde physique qui est loin d’être à mettre au rebus. Ce scénario est source d’innombrables défis pour les retailers : assumer des points de vue alternatifs, imaginer une palette de valeurs cohérente et authentique, s’ouvrir sur le territoire, guider, informer, impliquer, être humain et en même temps féru de technologies.

 

Qu’est-ce qui fait la différence ?

Il ne suffit pas d’essayer de comprendre ce que veulent les consommateurs. Il faut, avant tout, laisser venir l’inspiration et avoir le courage d’imaginer ce que perçoivent, ressentent et désirent les consommateurs de la part d’une enseigne. La recherche et l’identification de données pertinentes feront de plus en plus la différence. Nos commerces ne doivent pas seulement changer d’habitude, mais se transformer, changer radicalement de perspective : ne plus être des lieux de vente mais des espaces d’achat. Transformer le changement en opportunité, le global en local, la donnée en action, l’espace en narration, le client en fan. En bref, faire de l’avenir le présent.

 

Comment la relation entre les retailers et les consommateurs a-t-elle évolué ?

C’est une lutte interminable sans vainqueur ni vaincu : même si le consommateur est le véritable moteur de la transformation et des habitudes de consommation et si c’est lui qui dicte les règles, il est contraint de faire avec le décalage de l’offre, presque toujours un pas en arrière.

 

Ce scénario est perturbant : les modèles figés disparaissent, en lieu et place de consommateurs qui peuvent être scindés en groupes, on observe mille et un comportements qui s’entremêlent en autant de profils aussi uniques qu’imprévisibles. Le consommateur tend à être à la fois un commerçant autonome, un influenceur, un critique, une personne fidèle et infidèle, quelqu’un qui traque les offres, qui préfère les commerces de proximité, qui ne loue un appartement que s’il y a un supermarché de confiance tout près, qui achète uniquement en ligne ou exclusivement dans un point de vente.

 

Réfléchir aux défis auxquels les commerçants doivent faire face, c’est penser au rôle du consommateur. Tout serait bien plus simple s’il était encore possible de raisonner en termes de marketing classique : cibler, segmenter, appliquer toujours les mêmes formules en se réfugiant dans les certitudes méthodologiques, statistiques et sociologiques. Le consommateur évolue. Il convient de cibler et de segmenter aussi. Mais il reste toujours un je ne sais quoi de non palpable et d’évanescent que l’on s’efforce de saisir et qui, à peine le mystère levé à grand-peine, appartient déjà inéluctablement au passé.

 

Par Paolo Mamo, Président d’Altavia Italia

Le commerce selon Apsys  

Le commerce selon Apsys   2500 1734 Altavia

 

Foncière de développement fondée il y a près de 22 ans par Maurice Bansay et opérant en France et en Pologne, Apsys s’est donné pour mission de rendre la ville et la vie plus belles en concevant et animant des lieux de vie et de commerce iconiques. Son leitmotiv :  Créer et innover via le prisme du client final.

Eléonore Villanueva, Directrice Marketing et Communication, nous en dit plus sur sa vision du commerce d’aujourd’hui et de demain.

Eléonore Villanueva Apsys

Eléonore Villanueva, Directrice Marketing et Communication du groupe Apsys – © Hervé Piraud

Quelle est, selon vous, votre marque de fabrique ? Qu’est-ce qui différencie un lieu imaginé par Apsys d’un autre lieu de commerce ?

Chez Apsys, nous nous attachons à créer des lieux inédits, expérientiels, très généreux et pleins de surprise avec, à chaque fois, la volonté que ceux-ci s’intègrent parfaitement au contexte environnant. Chaque projet signé Apsys possède une identité propre, et surtout très forte. Par exemple, Beaugrenelle, dans le 15e arrondissement de Paris, a été imaginé selon les codes architecturaux et programmatiques du grand magasin (verticalité, passerelle, thématisation de l’offre par niveaux), alors que Vill’Up, qui est situé dans le 19e arrondissement, est doublement inspiré par sa localisation dans l’« Est Parisien » et dans le Parc de la Villette, avec une offre très orientée loisirs et culture / familles / boutiques créatives (concept stores et boutiques de créateurs).

La créativité et l’audace sont nos marques de fabrique ! Nous aimons nous lancer dans des projets dotés d’une réelle singularité. Nous avons à cœur de défricher, d’inventer, d’élaborer des mix de programmation très originaux avec une proposition de loisirs inédite, des offres de restauration et de commerce qui font sens par rapport au lieu. C’est dans cette optique d’innovation permanente que nous avons créé Apsys Lab, think tank interne mais aussi lieu physique propice aux échanges au sein de nos nouveaux bureaux.

Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur cette initiative ?

Apsys Lab est un think tank interne, porté par des collaborateurs de l’entreprise issus de tous les départements. Ces derniers travaillent, en mode projet, sur différents sujets, font du benchmark dans tous les secteurs (pas uniquement dans notre industrie), étudient les tendances émergentes, rencontrent des start-up et des prestataires innovants dans le but de sourcer et initier des solutions créatives, à  mettre en œuvre sur nos sites (projets ou actifs en exploitation). Par exemple, le projet Posnania, en Pologne, s’est beaucoup nourri du travail du Lab pour sa politique de services et le parcours client en général. Apsys Lab constitue un moteur pour continuer à garder cet esprit pionnier, ce côté un peu « think different » dont fait preuve Apsys depuis sa création. C’est aussi moyen de cultiver les talents et l’engagement de nos collaborateurs !

Apsys Lab, le think tank interne du groupe Apsys – © Hervé Piraud

Justement, selon vous, à quoi ressemblera le retail de demain ? Quelles transformations sont à attendre, notamment en matière de lieux de commerce ? 

Nous tendons de plus en plus vers l’expérientiel. Dorénavant, il est nécessaire de favoriser la rencontre, le petit moment de plaisir, la surprise, tout en étant hyperfonctionnel. C’est pourquoi nous travaillons beaucoup les boutiques éphémères, qui sont un moyen de renouveler l’expérience commerciale offerte par un site, de répondre à des besoins plus saisonniers. Les consommateurs ont envie d’être étonnés, de vivre de bons moments, dans toutes les configurations de visite :  en solo pour une séance de shopping rapide  ou avec leur conjoint, leurs enfants ou entre amis pour une balade plaisir. C’est pour cette raison que l’on note, par exemple, une tendance au développement de la restauration, dans tous ses formats. Chacun doit pouvoir s’approprier l’espace, en fonction de ses habitudes, de ses besoins et attentes du moment. Comme l’art est un fantastique créateur d’émotion, nous développons également un volet artistique riche avec, par exemple, 4 œuvres d’art créées spécialement pour Muse, notre dernier né, par des grands artistes dont Julio Le Parc, maître de l’art cinétique.

Quelles initiatives concrètes avez-vous d’ores et déjà menées à bien afin de répondre à ces nouvelles attentes ?

Muse, qui a ouvert ses portes à Metz en novembre dernier, comporte une zone de coworking pratique et accueillante pour les usagers de la gare TGV (toute proche) et le futur Palais des Congrès en construction. Du fait de la proximité de la gare TGV, le flux pendulaire est très important, avec des visiteurs qui, tous les jours, partent travailler au Luxembourg. De fait, il nous a semblé pertinent d’accueillir ces personnes dans un endroit agréable, où ils pourront travailler, recharger leur portable, consulter la presse, accéder à des services comme l’impression de documents, mais aussi déjeuner sur le pouce ou admirer une œuvre d’art. Les consommateurs ayant plusieurs vies dans une journée, on se dirige de plus en plus vers une hybridation des fonctions des lieux.

 

MUSE by APSYS

Muse a été inauguré à Metz, en novembre 2017 – © Gwen Le Bras

Peut-on dire que le site commercial de demain devra à la fois faciliter la vie du consommateur et lui offrir des expériences inédites ?

Exactement. De mon point de vue, les deux dimensions sont très importantes. Le parcours doit être fluide, agréable, accueillant, pour préserver le visiteur de tout micro stress et le faire se sentir bien dans les lieux. Il doit pouvoir se garer et retrouver son véhicule facilement (s’il vient en voiture) ou accéder facilement aux transports en commun, se repérer aisément dans les lieux, accéder aux informations et actualités produit qui l’intéressent, bénéficier de services pratiques et d’espaces généreux (adaptés à ses besoins) etc. Et il faut aussi lui permettre de vivre des expériences intenses et inédites : assister à des expositions ou happenings artistiques, interagir avec des contenus digitaux innovants, découvrir des scénographies spectaculaires, participer à des ateliers ou animations… et l’inviter à partager ces expériences via les réseaux sociaux. Le digital et l’offre commerciale viennent nourrir ces deux dimensions.

 

Outre Muse, Posnania, avec ses services (lounge, voiturier, try and collect et personal shopper), mais également ses dispositifs digitaux originaux et son parcours d’œuvres d’art est un autre bon exemple de ce mix expérience / confort qui fait de certains lieux des adresses iconiques !

 

Posnania by Apsys

Le projet Posnania, en Pologne, s’est nourri du travail du Lab – © Maciej Nowaczyk

 

 

Comment la technologie permet aux consommateurs de court-circuiter les grandes surfaces dans leur consommation du bio

Comment la technologie permet aux consommateurs de court-circuiter les grandes surfaces dans leur consommation du bio ?

Comment la technologie permet aux consommateurs de court-circuiter les grandes surfaces dans leur consommation du bio ? 1596 1176 Altavia

 

Les consommateurs sont de plus en plus exigeants dans leur alimentation. Selon le Baromètre ANIA/Opinion Way 2015, c’est le poste de dépense sur lequel les français souhaitent le moins rogner. Ils portent d’ailleurs plus d’importance à la qualité de leur alimentation : la composition des produits et les valeurs nutritionnelles gagnent respectivement 18 et 4 points par rapport à 2013 dans l’importance des critères de sélection aux dépends du prix et de la date de péremption qui perdent respectivement 7 et 13 points par rapport à 2013. Selon l’enquête CSA Research pour l’Agence Bio publiée en Janvier 2017, 83% des français font confiance aux produits Bio. Ils sont de plus en plus à consommer Bio de manière quotidienne (10% en 2015, 15% en 2016)

 

Les grandes surfaces ont donc réagi en mettant en place une forme de proximité en point de vente au travers de l’installation et de la mise en valeur des stands de produits alimentaires (fromagerie, boucherie, poissonnerie et boulangerie). Les étals de maraichage ont également été repensées grâce à des installations permettant de promouvoir fraicheur et qualité (brumisateurs et affichettes explicatives).

 

Cependant, dans le domaine de la Bio, les grandes surfaces font face à une augmentation des circuits alternatifs, de plus en plus empruntés par les consommateurs :

 

La consommation bio en France

(Source Agence Bio/AND-I 2017)

 

1-Le problème des grandes surfaces

Selon une étude UFC-Que Choisir de 2017, le problème des grandes surfaces vis à vis de la Bio est multiple.
-Les enquêteurs ont constatés des marges beaucoup plus élevées en grande surface (+96% de marge). Soit des produits Bio 79% plus cher que leurs équivalents conventionnels.

-Une offre Bio réduite : par exemple pour les Tomates et Pommes, il est dans 43% impossible de trouver produits conventionnels et Bio dans le même magasin, et dans 23% des cas, aucun de ces deux produits n’est disponible en Bio.

 

 

2-Attentes des clients/conso

Les ménages consomment bio à 66% pour leur santé, 58% pour l’environnement, 56% pour la Qualité et le Goût. (CSA Research pour l’Agence Bio // Janvier 2017).
Ainsi ils attendent des produits sans OGM, sans arômes artificiels ni colorants, contrôlés grâce à un cahier des charges précis et des gages de contrôles, ainsi que la preuve du respect du bien-être des animaux.

 

3-Positionnement des services (les outils technos et leurs offres)

Outre-les AMAP, des services plus ouverts et représentant moins d’engagement voient le jour.

Des applications « passives » permettant de localiser les vendeurs de produits Bio aux services complets incluant jusqu’à la livraison, c’est tout un circuit alternatif qui s’organise pour satisfaire les différentes typologies de consommateurs Bio.

 

La Bio en Poche est une application qui de découvrir les lieux autour de soi qui proposent des produits bio (Magasins, Marchés, Restaurants, AMAP…) grâce à la géolocalisation du téléphone. Outre le service de géolocalisation, l’application permet également d’accéder à des recettes, du contenu ludo-éducatif ainsi que des actualités du secteur.

 

La Ruche qui dit Oui ! : chaque semaine les consommateurs inscrits peuvent passer commande des produits proposés à la vente auprès des producteurs partenaires au travers de la Ruche. Leur panier est livré dans la semaine à la Ruche de leur choix.

 

 

Bienvenue à la ferme, premier réseau de vente directe de produits fermiers et de tourisme à la ferme. Vente de produits, restauration, séjours et loisirs à la ferme, tout pour découvrir la Bio en France.

 

 

 Marchés des Producteurs de Pays est une marque des Chambres d’agriculture. Ces marchés réunissent uniquement et exclusivement des producteurs locaux, tous engagés au respect d’une charte de bonnes pratiques, garantissant ainsi au consommateur :

 

 

  • la qualité fermière des productions,
  • des produits locaux, de saison et des spécialités de pays
  • la qualité des pratiques de production et transformation,
  • un contact direct avec le producteur,
  • une transparence sur les pratiques agricoles.

 

Réguliers, saisonniers ou événementiels, ces marchés valorisent pleinement la richesse et la diversité des productions de nos terroirs et permettent ainsi d’acheter les meilleurs produits locaux « à la source ».

 

 Mon-marche.fr vous propose le plus grand choix de produits frais de première qualité, dans les meilleures conditions d’information et de service.

L’entreprise permet de faire ses courses en ligne auprès de 60 commerçants de Rungis et d’être livré chez soi.

 

 

 Baladovore permet de se géolocaliser et ainsi trouver des producteurs de produits Bio autour de vous. L’application permet de consulter leurs produits afin de trouver ce qui vous intéresse sans vous déplacer.

 

 

 4-Comment les grandes surfaces peuvent y répondre ?

Certaines grandes surfaces ont mis en place des solutions, afin d’accompagner la transition alimentaire. Au niveau du retail, voici deux exemples particulièrement intéressants :

 

COOP Italie : Développement d’une expérience interactive afin de privilégier la transparence et l’éducation.

L’enseigne de distribution Italienne a installé, dans son supermarceto del futuro, à Milan,  des miroirs interactifs qui délivrent des informations quant aux fruits et légumes : Traçabilité, saison optimale de consommation, idées de dégustations, etc. Tout y est pour rassurer les consommateurs et ajouter des strates de services simplement.

 

COOP Milano

 

McDonald’s : Education et partenariats avec des certification pour rassurer les consommateurs :

Comme le montre les dernières publicités « Parlons Simple, Parlons … », l’enseigne cherche à communiquer sur ces actions avec les producteurs locaux, bio, afin de rassurer sur la qualité de ses produits. Les certifications en fin de génériques permettent de rassurer le consommateur quant à la véracité des propos ainsi que la qualité des produits.

 

https://www.youtube.com/watch?v=bJLOdGPUON0

 

Carrefour s’engage dans la défense des semences paysannes.

Au travers de leur campagne Le Marché Interdit, l’enseigne prend position contre la loi qui interdit la vente de produits de semences paysannes. Ainsi l’enseigne se positionne directement comme acteur d’une consommation meilleur en s’engagent.

(On notera la DA qui ressemble sensiblement à celle de McDonald’s, il commence donc à y avoir une institutionnalisation du discours Bio par les acteurs Mass-Market)

 

 

Si ces exemples de réponse à « la crise » du bio dans les circuits de grande consommation, sont des exemples contextuels qui répondent aux problématiques propres des entreprises, il faut également penser à intégrer les consommateurs dans la réflexion de mise en place de solutions, afin de comprendre leurs freins, motivations mais surtout usages. Lorsqu’il en vient à l’étape « achat » du cycle de consommation, c’est une question d’usage. En s’appliquant à développer des réponses aux problématiques en adéquation avec les usages des consommateurs non seulement la transition se fait avec un minimum de frictions, mais cela permet de préempter une position de leader car offre et service seront en adéquation avec les attentes des consommateurs.

 

Par Sidney Debaque
Planneur Stratégique, Agence Cosmic

 

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food consumption trends

Comment les nouvelles tendances de consommation food impactent le retail ?

Comment les nouvelles tendances de consommation food impactent le retail ? 1677 1119 Altavia

 

Selon Social Food, 79% des Français en 2017 pensent que l’alimentation peut engendrer des problèmes de santé.

 

Ils s’orientent donc vers des certifications et modes de consommations permettant de controler ce qu’ils mangent.

 

Ainsi, toujours selon Social Food, ils sont 65% à manger BIO de manière régulière. De plus, parmi les 60% de français qui pensent que le Made In France est gage de qualité, ils sont 75% à privilégier le Made In France pour leur alimentation.

Si cette nouvelle relation à l’alimentation impacte la communication de manière explicite, comme le montre les campagnes de Fleury Michon, ou le « nouveau » Branding de McDonalds, les nouvelles tendances de consommations food mettent plus de temps à se faire faire remarque en retail. D’où cette question, comment les nouvelles tendances de consommation food impactent le retail ?

 

Les produits dotés de certifications deviennent de plus en plus nombreux et sont de plus en plus identifiables en rayon. Les certifications sont mises en valeur à l’aide d’affichette et au travers du packaging. Les stands « artisans » tels que poissonniers, traiteurs, boucher prennent de l’ampleur et deviennent de plus en plus visible grâce à une amélioration de la signalisation.

 

Cependant, des enseignes vont plus loin et proposent une nouvelle expérience shopper.

C’est le cas de Coop à Milan qui propose des écrans connectés afin de se renseigner sur la traçabilité des produits. Au-dessus des fruits et légumes, des miroirs connectés permettent de choisir un produit pour avoir toutes les informations le concernant.

 

Au Brésil chez Zona Sul, les légumes restent dans la terre, c’est au client de le cueillir :

 

 

Cependant, malgré l’augmentation des exigences en matière d’alimentation, les Français ont moins le temps de préparer à manger. Les français d’orientent donc vers des plats cuisinés, des offres de restauration rapide et de livraison. Franprix l’a bien compris et s’est allié avec Allo resto afin de proposer une offre de livraison sous forme de pack thématisés.

 

 

Malgré les nouvelles offres et nouveaux services mis en place par les retailers, les méthodes de consommations alternatives sont en plein essors. Les innovations technologiques et actions publiques permettent, même en ville, de profiter d’un potager. De nouveaux canaux de consommations collaboratifs tels que les AMAP voient le jour.

 

Dans le secteur de l’alimentaire, c’est la première fois depuis 8 ans que le volume de vente des supermarché est en baisse : -0.2% en 2016

 

Si le retail et en phase de réadaptation afin de répondre aux nouvelles tendances de consommation food, de nouveaux acteurs répondent avec plus de pertinences aux besoins des consommateurs invitant ces derniers à utiliser les enseignes de retail comme complément aux solutions alternatives qu’ils adoptent petit à petit.

 

Par Sidney Debaque, Planneur Stratégique, Agence Cosmic

 

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Market places

Market places et cross-border commerce : quel impact sur les marques et distributeurs ?

Market places et cross-border commerce : quel impact sur les marques et distributeurs ? 2656 1494 Altavia

 

Dans le cadre de la journée e-commerce organisée par l’IFM le 7 juin dernier à Paris, Jean-Marc Mégnin, Directeur Général de ShopperMind et expert en tendances shopper, a été invité à intervenir sur le thème « Market places et Cross border commerce : peut-on éviter le débordement ? ». L’occasion de s’entretenir avec lui et d’en apprendre un peu plus sur une tendance que marques et distributeurs ne peuvent plus se permettre d’ignorer.

 

Si le concept de market place est pour beaucoup déjà familier, il n’en va pas forcément de même pour le cross-border commerce. Quelle est sa définition selon vous ?

 

Qui dit market place dit abolition des frontières, aussi bien physiques que digitales. Les market places ouvrent des boutiques de commerçants qui ne sont pas forcément implantés localement. Prenons l’exemple du site français dédié au bricolage ManoMano, [NDLR : anciennement MonEchelle.fr]. Sur sa place de marché sont référencés aussi bien des vendeurs français, qu’italiens ou espagnols, des commerçants, des e-grossistes. Et certainement des marques qui en profitent pour discounter. Tout le monde peut vendre sur une market place : retailers de tous pays, marques, y compris de distributeurs, grossistes spécialisés dans la vente online, e-retailers pure players, retailers brick and mortar…ou tout bêtement votre boutique de quartier !

 

Justement, qu’est-ce qui pousserait mon épicier de quartier à vendre sur une market place comme Amazon ?

 

Si votre épicier veut étendre son activité, deux options s’offrent à lui. Soit il ouvre son propre site, ce qui l’oblige à avoir un gros trafic pour amortir son modèle, et l’on connaît le coût de recrutement sur le web pour un commerçant… il est exorbitant. Soit il décide d’ouvrir sa boutique sur Amazon. Cela ne coûte pas cher et Amazon peut se charger de toute sa logistique. De plus, cela lui permet de pouvoir dire à ses clients : « Si tu n’as pas le temps de venir chez moi, achète sur Amazon et je te livre ! ». C’est le cas de Eataly, à New York ou à Milan, qui confie à Amazon Prime Now la livraison de ses clients en moins d’une heure.

 

Dans votre présentation, vous parlez de « débordement ». Estimez-vous que la noyade des commerçants face à la tendance cross-border commerce sera inévitable ?

 

Pendant quinze ans, les commerçants ont appris à s’armer contre le e-commerce en devenant des marchands à la fois on et offline. Mais c’était sans compter le nouveau modèle destructeur que constituent les places de marché. La population de vendeurs tiers y est très hétéroclite. Et c’est dans cet hétéroclisme que réside le danger : on y trouve toutes les catégories de produits, de n’importe quelle origine et à n’importe quel prix. La politique des prix sur les market places va ainsi être extrêmement difficile à maîtriser ! Autre conséquence de cette évolution : la possibilité pour les marques de vendre en direct.

 

Ont-elles un réel intérêt à le faire ?

 

Dans un premier temps, cela risque de les déstabiliser, notamment dans les relations qu’elles entretiennent avec leurs distributeurs historiques. Ces derniers peuvent voir d’un mauvais œil le fait que les marques décident de vendre en direct. Néanmoins, compte-tenu, justement, de la quantité et de la diversité de l’offre que ce nouveau modèle va apporter, les marques vont être obligées de passer elles-mêmes à la vente directe pour garder le contrôle ou, au moins, pour voir comment cela marche. C’est inévitable. D’autre part, les marques y voient aussi l’opportunité de ‘’reprendre la main’’ sur leurs consommateurs pour mieux les connaître et anticiper les évolutions comportementales inhérentes à la révolution digitale. Pour mener à bien cette transformation, les marques devront travailler main dans la main avec les distributeurs et ne pas choisir un canal au détriment d’un autre !

 

En tant qu’expert du retail, quel regard portez-vous, personnellement, sur les market places ?

 

Je pense que c’est un modèle excessivement intéressant. Les deux historiques, Amazon et Alibaba, sont ceux qui influencent le plus les autres. Or, leurs modèles sont complètement différents ! Amazon a une ambition en totale adéquation avec son ADN américain : devenir le plus grand hypermarché du monde et servir le client, qui a toujours été prioritaire pour les américains et qui a fini par être un peu oublié chez nous. En revanche, l’obsession de Jack Ma, adepte du Taïchi, et fondateur d’Alibaba, est d’aider le small business, les petites boutiques. Il veut pouvoir offrir au petit producteur chinois la possibilité de vendre sur la totalité du territoire chinois, voire au-delà, mais également permettre aux petites marques du monde entier de pouvoir vendre en Chine. En cela, sa démarche est plus sociale : Alibaba a cette vocation d’aider les gens à s’ouvrir sur le monde.

 

Cette différence de culture s’exprime-t-elle également dans les fonctionnalités offertes par leurs sites respectifs ?

 

Effectivement, la qualité de traitement des boutiques de marques sur Alibaba n’a rien à voir avec celle que l’on trouve sur Amazon. Sur Alibaba, on peut flâner comme dans un centre commercial virtuel ! Même lorsqu’ils font leurs courses en ligne, les chinois ont pour habitude de flâner, s’informer et comparer avant d’acheter. Les market places l’ont compris en offrant aux marques des boutiques au look and feel très « virtual store ». Cela peut d’ailleurs influencer les marques de connaître ce type de boutiques clé en main, par le biais desquelles elles peuvent s’exprimer. Lorsqu’une marque veut s’exporter en Chine, soit elle ouvre son propre site et attend patiemment d’atteindre la barre du million de clients, soit elle va sur TMall avec un accès direct à 280 millions de clients !

 

Les marques ont-elles tout de même un intérêt à ouvrir leur propre site chinois ?

 

En général, elles ouvrent à la fois leur propre site et une boutique sur TMall, à l’instar de la marque enseigne Yves Rocher, ou encore Coca-cola. Le problème avec les market places, c’est que les data clients ne vous appartiennent pas. Il faut donc jouer un peu avec les deux !

 

En conclusion, quelle sera la prochaine étape, en France, du développement du cross-border commerce ?

 

L’alimentaire. C’est ce qui va devenir crucial. On s’attendait tous à voir débarquer très rapidement, en Europe les petits camions verts Amazon Fresh. En fait, ils se donnent du temps, tout en développant déjà leur service ‘’urbain’’, Amazon Prime Now, qui propose la livraison en une heure pour 5,90€ à ses abonnés Premium à Londres, Milan, Berlin, Barcelone et Paris depuis la semaine dernière. Et lorsque l’on voit les statistiques ou les annonces en déclaratif des Français, on se rend compte qu’ils sont prêts à acheter leur alimentaire en ligne. Ils le prouvent déjà quotidiennement avec le Drive et il n’y a pas de raison que demain, Amazon ne se taille pas une part dans ce marché-là. C’est balbutiant, ils ont largement le temps.

 

ShopperMind @MPV-POPAI 2016 : vers un magasin de plus en plus social

ShopperMind @MPV-POPAI 2016 : vers un magasin de plus en plus social 1965 725 Altavia

 

A l’issue du salon Marketing Point de Vente,  qui s’est déroulé du 5 au 7 avril à Paris, Jean-Marc Megnin, Directeur Général  de ShopperMind, a invité les visiteurs à repenser le magasin de demain, à travers sa conférence « De New York à Shanghai, les tendances sociétales et commerçantes 2016 ».

 

Bien au-delà de la traditionnelle liste de best practices, c’est par une approche prospectiviste du retail que le spécialiste des tendances shopper a abordé le rôle que le magasin joue aujourd’hui et devra jouer demain au sein de notre société. Une société « en mouvance permanente » selon lui, dont les commerces « sont le reflet ».  Si nous, citoyens consommateurs, sommes perpétuellement en mouvement, vers quoi tendons-nous ? Et quels sont et seront les impacts de cette évolution sur le retail ?

 

Des moments de plaisir, oui. Mais à moi, et quand je veux.

 

« Même au sein de cette société en mouvance, les citoyens recherchent des moments de plaisir à eux , estime Jean-Marc Megnin,  même pour acheter. Et si ce plaisir n’est pas au rendez-vous alors  la tentation sera de vouloir rester chez eux ou entre eux. Le digital leur offre cette possibilité, avec Amazon, par exemple, qui en profite. »

 

Quelles conséquences sur les magasins ? « On remet de l’humain car un magasin sans service ne marcherait pas.  L’une des grosses tendances actuelles dans l’alimentaire de centre-ville, explique Jean-Marc Megnin,  est de réallouer des espaces de consommation dans le magasin. Et pas seulement chez Wholefood, mais également chez … Franprix. »

 

S’il cherche effectivement des endroits où « se poser » , le consommateur d’aujourd’hui n’en est pas moins impatient : lorsqu’il ressent le besoin d’acheter un produit, il veut y avoir accès de suite !

 

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L’espace Dalloyau et le Nespresso Cube, magasin Nespresso des Champs-Elysées

Deux tendances assimilées et mises en pratique par Nespresso dans sa boutique des  Champs-Elysées qui, par le biais d’un partenariat avec le traiteur Dalloyau, donne la possibilité au client souhaitant se poser de travailler ou de se restaurer sur place. Le client impatient peut, quant à lui, acheter des capsules de café quelle que soit l’heure, grâce à une  »vending-machine » luxueuse,  le Nespresso Cube, mise à sa disposition 24h/24.

 

Singles, même en couple !

 

Qui sont ces nouveaux consommateurs, à la fois avides de repos et d’instantanéité ?

 

« Les nouvelles générations, millenials et autres digital natives », répond le patron de ShopperMind. Or, « Un millenial sur quatre ne se mariera  jamais. Et en couple aussi, on apprend à vivre en « single ». Même ensemble ! »

 

« Single, sans attaches, urbain de deuxième couronne (le centre-ville est devenu trop cher) », le millenial s’est mué en « nomade ubérisé quotidien », analyse l’expert du retail. Il va même plus loin : « Chez ShopperMind, nous sommes convaincus que la consommation se tinderise ! »

 

D’aucuns pourraient qualifier pareille analogie de saugrenue et pourtant, comme n’importe quel utilisateur de Tinder, le nouveau consommateur souhaite trouver, rapidement et simplement, une offre personnalisée, aussi bien en termes de produits que d’expérience en magasin. « Le consommateur swipe jusqu’à ce qu’il trouve le bon match avec un magasin. »

 

Le magasin sera social ou ne sera plus

 

De cette tinderisation découlent les quatre tendances-clés qui font dorénavant du rôle social, voire sociétal du magasin un passage obligé pour les retailers du monde entier :

 

  • L’impatience : quoi de mieux pour y répondre que la promesse, par exemple, de pouvoir se faire livrer le jour même ? Un service qu’il n’est pas possible d’offrir pour tous les magasins, et pourtant, rien n’est impossible pour qui veut satisfaire ses clients, comme la chaîne de magasins de produits italiens Eataly à New York, qui a confié sa livraison à… Amazon.

 

  • La simplicité : une tendance de fond parfaitement illustrée par le dernier-né des Apple Stores, à Memphis : le Genius Bar disparaît, ainsi que les ILV. Seuls les écrans sont présents sur les tables. « On peut venir uniquement pour travailler sur les ordinateurs si on le souhaite, commente Jean-Marc Megnin. Chez Apple on fait table rase de tout le superflu. Même le logo a disparu ! »

 

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Le nouveau concept Apple Store, Memphis

 

La dernière lubie du géant à la pomme ? Pas uniquement : la simplicité est devenue un maître mot pour bon nombre de retailers et restaurateurs à travers le monde. Un moyen pour eux de muer leurs points de vente en espaces de socialisation, ou encore de faciliter le parcours de leurs clients en magasin.

 

  • La personnalisation : quoi de mieux pour faire revenir un client en magasin que de le distraire ? Ce n’est pas l’anglais Selfridges qui affirmera le contraire. Personnalisation de votre pot de Nutella ou d’une bouteille de champagne avec votre photo : de quoi passer un bon moment en magasin !

 

Selfridges

Selfridges, Londres

 

  • L’expérience : vers un magasin expérientiel et émotionnel.

 

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La gamification par Kiehl’s, Hong-Kong

 

Offrir une expérience à son client peut passer par le service, comme chez Nike, qui propose un espace services à chaque étage de son flagship store. Cela peut également passer par le jeu, comme dans le magasin Kiehl’s de Hong Kong où le client peut jouer et gagner des échantillons en scannant un QR code avec son mobile via le réseau social chinois Wechat.

 

« Le commerce est à l’image de notre société, en mouvance permanente, conclut Jean-Marc Megnin. L’omnicanal n’est plus une option, il est devenu obligatoire car intégré. Le vrai canal, c’est le client ! »