Germinal : inspirer l’envie d’entreprendre, donner les moyens de créer

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Association du groupe SOS, Germinal a été créée en 1995, dans les Hauts-de-France. Sa mission : développer l’entrepreneuriat, comme levier d’inclusion et de développement des territoires. Entretien avec Samia Darani, directrice de l’association.

 

Comment est née l’association Germinal ?

Après le film Germinal, son réalisateur, Claude Berri, a souhaité reverser une partie des bénéfices au développement local, social et économique de ce territoire très sinistré qu’était le bassin minier. Un fonds de prêt a alors été lancé pour financer des porteurs de projets jusqu’à 8000 euros, sans intérêts et ni garanties.

 

Qui sont ces porteurs de projets ?

Il s’agit de créateurs d’entreprises, en difficultés sociales, qui ont pour volonté forte de créer leur emploi et ainsi, redynamiser leur territoire et redonner vie à leurs villages. Pour concrétiser leur projet, ces entrepreneurs ont besoin qu’on les aide à lever des freins à l’emploi. Certains ne maîtrisent pas la langue française, d’autres ont connu des accidents de la vie, comme une maladie, d’autres, encore, élèvent seuls leurs enfants… Les profils sont très diversifiés mais tous ont un point commun : une grande motivation.

 

Quelques histoires entrepreneuriales à partager ?

Je pense par exemple à Mélanie, qui sillonne les marchés de la région, au volant de son épicerie itinérante en bois, pour vendre des produits bio en vrac ; à Ludovic, ce fils d’agriculteur qui s’est lancé à son tour à 21 ans et a construit un poulailler de poules pondeuses, en agriculture biologique ; à Céline qui a ouvert la première librairie indépendante de Valenciennes ; ou encore à Vivien, qui a décidé de reprendre le dernier café de son village, après que l’ancienne patronne a pris sa retraite…

 

Depuis 1995, Germinal a donc créé ou sauvegardé de nombreux emplois…

Depuis 1995, l’association finance une centaine de projets par an. Elle a contribué à la création ou la sauvegarde de 2600 emplois depuis sa création et a prêté 6,2 millions d’euros, investis dans des projets locaux.

 

Comment se fait le lien entre les porteurs de projets et Germinal ?

L’un des défis de l’association est de travailler sur le terrain, pour s’inscrire dans un tissu local de prescripteurs, d’associations, de services publics de l’emploi (Pôle Emploi, missions locales, organismes qui accompagnent des personnes handicapées…). Ce travail minutieux nous permet de repérer les entrepreneurs dont le profil correspond aux critères pour accéder au fonds de prêt, mais aussi d’identifier les initiatives porteuses et les besoins émergeant du territoire.

En plus du fonds de prêt, l’association s’est récemment lancée dans une nouvelle expérimentation. En quoi consiste-t-elle ?

En 2020, nous avons souhaité élargir nos services et lancer une EITI (Entreprises d’insertion par le travail indépendant) dans le bassin minier, dont le cœur de métier est de mettre les entrepreneurs en lien avec des clients. Il peut s’agir d’une aide au développement du chiffre d’affaires, d’un accompagnement pour avoir un impact écologique sur le territoire, de la mise en place de campagnes de financement participatif… Nous irons bientôt encore plus loin, avec la mise en place de formations, de services de co-working …

 

L’ambition de Germinal est d’élargir les actions à d’autres territoires que le bassin minier…

Tout à fait. Et l’enjeu est d’autant plus important que de nombreuses personnes sont touchées par la crise économique que nous vivons actuellement. Nous avons déjà investi des territoires qui ont les mêmes problématiques que les Hauts-de-France, comme l’Auvergne-Rhône-Alpes, la Normandie, la PACA… Et nous ne comptons pas nous arrêter là !