[Interview] Yukiko Inoue, Directrice générale d’Altavia Japan

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Yukiko Inoue dirige Altavia Japan depuis 4 ans.

Pouvez-vous nous en dire plus sur votre parcours ?

Ma carrière a démarré ici, au Japon, chez Hello Kitty,  où je travaillais dans le domaine de la conception graphique, à destination des marchés américain et européen. Cette première expérience très enrichissante m’a permis de comprendre la chaîne graphique et ses différents supports. Suite à cette expérience et, animée par ma jeunesse et mon envie de découvrir le monde, j’ai pris la décision de partir vivre à l’étranger. C’est par hasard (et surtout par chance), que j’ai eu l’opportunité de travailler en France, à Paris, au sein d’une start-up. J’y suis finalement restée 15 ans ! Cette expérience m’a beaucoup apporté : apprendre et parler quotidiennement une langue qui m’était jusqu’alors étrangère, travailler aussi bien sur des supports on et offline dans un environnement multiculturel et international.

 

C’est il y a quatre ans que j’ai décidé de revenir à Tokyo. Un retour suite auquel j’ai été amenée à prendre les rênes d’Altavia Japan, en tant que Directrice générale.

 

En tant que femme, avez-vous rencontré des difficultés dans les postes à responsabilité que vous avez occupés jusqu’ici ? Si oui, lesquelles ?

Je me rends souvent en rendez-vous client accompagnée du Directeur de la production d’Altavia Japan. De ce fait et, surtout, parce qu’il s’agit d’un homme qui, de surcroît, est de nationalité française, la plupart de gens s’imaginent qu’il est le patron d’Altavia Japan. Il faut dire qu’au Japon, il est très rare qu’une entreprise soit dirigée par une femme !

 

De plus, je suis beaucoup amenée à travailler avec des professionnels du secteur de l’imprimerie. Or, au Japon, cette industrie est très traditionnelle : peu de femmes occupent des fonctions managériales dans ce secteur. Quand je parle d’innovation et de méthodes de travail et de production modernes, je sens, généralement, que mes interlocuteurs ne sont pas à l’aise. Je dois ainsi faire très attention à ma manière de communiquer car il s’agit de partenaires clés pour notre business.

 

Je me heurte également à des difficultés au niveau du recrutement. Pour ce qui me concerne, je ne fais aucune différence entre hommes et femmes puisque j’estime que ce sont les compétences et le talent qui priment avant tout. Seulement, il n’est pas rare que les femmes japonaises s’interdisent, de leur propre chef, d’avoir de l’ambition et d’occuper un poste à responsabilité. Pour elles, c’est aux hommes qu’incombent de telles responsabilités.  Il est clair que le modèle (très traditionnel) de société qui prévaut au Japon n’est pas facile pour les femmes.  Je compte d’ailleurs parmi mes amies nombre de femmes ayant renoncé à leur carrière pour se consacrer à l’éducation de leurs enfants.

 

Qu’est-ce qui vous a amené à rejoindre le groupe Altavia ?

Altavia est très impliqué dans la responsabilité sociétale et environnementale. A ce titre, le groupe, qui est signataire du Global Compact des Nations Unies depuis 2008, a atteint le niveau Advanced en 2018. Ce niveau représente le standard de performance le plus élevé en matière de responsabilité sociétale des organisations.

 

Cet aspect est très important pour moi. Au Japon, bien sûr, on parle beaucoup de RSE mais, comparé à la France, nous sommes très en retard : toujours beaucoup de sacs en plastique, trop d’emballages, beaucoup d’inégalités entre les hommes et les femmes, très peu d’aide pour les personnes en difficulté… Pour que notre société puisse évoluer en ayant le moins d’impact environnemental possible, nous avons besoin d’apprendre, d’innover. Travailler chez Altavia me permet d’acquérir les connaissances nécessaires pour avancer en ce sens.

 

La journée type à la tête d’Altavia Japan ? 

Je commence très tôt au matin. Ma journée commence par la lecture de journaux et l’écoute de la radio, en Français. J’épluche ensuite mes emails et je prépare ma journée, constituée de rendez-vous chez le client, de réunions, de partage d’information avec les équipes françaises…

 

Après mon travail, je joue régulièrement au « GO », au sein d’un club dédié à ce jeu. Je ne vous cache pas que la plupart des joueurs sont des hommes âgés (rires). Je suis d’un niveau plutôt médiocre mais j’aime beaucoup ce jeu, qui est économique et donc accessible à tous. J’apprécie également le « GO » pour son aspect stratégique.

 

Quels sont vos projets et objectifs à moyen et long terme ?

Mon objectif est d’accélérer le business d’Altavia Japan autour de colour management car notre solution n’a que des avantages !  On dit souvent que le Japon est rétif au changement, qu’il met énormément de temps à évoluer…mais, dans ce domaine, les choses vont avancer plus vite qu’on ne le croit, j’en suis persuadée. Aujourd’hui, il est difficile de se fixer des objectifs à long terme car le monde change très vite. S’il faut avoir un objectif, c’est celui de réduire drastiquement l’impact de notre business sur l’environnement et de continuer d’avancer en innovant en faveur d’un monde “durable”.