Chine : L’incroyable essor du « social selling »

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Acheter sur son mobile est d’une telle facilité en Chine. Tous les sites et réseaux sociaux ont mis au point un parcours client simplissime, permettant de tout acheter, en une empreinte de pouce. De plus en plus de Chinois saisissent cette opportunité pour développer leur business. Zoom sur une pratique en plein boom, avec Stéphane Joly, directeur grands comptes chez Altavia.

 

Tout est conçu pour faciliter l’achat immédiat

En Chine, la vente sur les réseaux sociaux est beaucoup plus développée que partout ailleurs dans le monde. Un véritable phénomène, qui prend de plus en plus d’ampleur. Tous les sites ecommerce – comme Tmall (Alibaba), Taobao (Alibaba), JD.com -, les plateformes ou encore les réseaux sociaux ont en effet mis au point des processus simplissimes, pour permettre à chacun d’acheter, en seulement quelques secondes. « Un homme se filme, par exemple, en train d’essayer une paire de baskets, dont il vante les qualités, raconte Stéphane Joly. Toutes les personnes qui regardent la vidéo peuvent, à tout moment, appuyer sur leur écran, pour acheter les chaussures présentées. Il suffit de renseigner la taille, la couleur choisie et de placer son pouce sur le capteur pour valider la transaction. Tout se déroule de manière automatique. Et la livraison est bien-sûr gratuite ! ». Nulle place à l’hésitation, aucune complication. Le parcours et fluide, indolore. Tout est intégré au sein des super apps dont les Chinois sont si friands. « Acheter sur son mobile est d’une telle facilité, renchérit Stéphane Joly. Difficile de s’en rendre vraiment compte sans l’avoir testé soi-même… »

 

Influenceurs et petits « Pierre Bellemare »

Les blogueurs connus sur la toile et les Key Opinion Leaders (KOL) aux millions de followers sont nombreux en Chine. L’impact de leurs publications sur l’acte d’achat – si facilité – n’est plus à prouver. Dans We Chat par exemple, les influenceurs peuvent créer leur boutique en ligne et présenter les produits des marques qu’ils ont sélectionnés ; leurs followers peuvent acheter directement depuis l’application.

 

« Mais la Chine a aussi la particularité de compter des centaines de milliers de Chinois, Monsieur et Madame tout le monde, qui ont lancé leur business de vente sur les réseaux tels que Tmall, Taobao, Little Red Rook et Pinduoduo, explique Stéphane Joly. N’importe qui peut se filmer, dans son garage ou son salon, et présenter des produits en live, répondre aux questions, gérer la vente et organiser la livraison. Ils sont nombreux, ces Pierre Bellemare chinois, à être devenus grossistes de paires de chaussettes, de papier, de câbles électriques ou de produits de beauté fabriqués à la maison ou rapportés de l’étranger. Et ils ont fait de cette revente au détail leur métier. ». Suivis par 10 000, parfois 20 000 Chinois, ces micro-influenceurs amateurs ont eux aussi un véritable impact sur le business physique. Pas étonnant lorsqu’on sait que, sur la seule communauté commerçante Taobao (Le Ebay chinois), les ventes en live ont été valorisées à 13 milliards de dollars en 2018.