Le mot de la semaine : entreprise à mission

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De plus en plus d’entreprises cherchent à renforcer leur stratégie RSE et ont conscience que leur engagement doit être porté par une démarche authentique. Plusieurs manières existent pour y parvenir et parmi elles, l’inscription, dans les statuts-mêmes de la société, de sa vocation d’entreprise à mission.

 

C’est sous la plume d’un chercheur que le terme « entreprise à mission » est apparu pour la première fois en France, en 2015. Il suppose de définir la « mission » de l’entreprise, de mettre en place un mécanisme d’engagement, ainsi qu’un mécanisme de contrôle, régulier et indépendant.

 

En croissance aux Etats-Unis, sous la forme de « Benefit Corporations » ou B Corp, les entreprises à mission jouissent d’une notoriété encore faible en France.

 

 

Yves Rocher, « entreprise à mission »

En France, le phénomène émerge donc et l’actualité l’a récemment prouvé. En décembre dernier, Bris Rocher, petit-fils du fondateur de la marque Yves Rocher annonçait le changement de statut juridique de l’entreprise familiale, désormais « entreprise à mission ». Cinq missions sont désormais inscrites dans les statuts :

  • promouvoir le lien entre ses communautés et la nature ;
  • agir en faveur de la biodiversité sur ses territoires ;
  • développer l’innovation frugale et des actions de consommation responsable ;
  • faire du siège social l’emblème d’un écosystème vertueux ;
  • et offrir des expériences de bien-être grâce aux bienfaits de la nature.

 

 

L’entreprise à mission dans l’univers du Retail

Les initiatives lancées par les retailers sont bien sûr encourageantes mais tant que les enseignes engageant ce type de démarches resteront juges et parties, il ne sera pas possible de distinguer les entreprises authentiquement engagées et celles qui font semblant de l’être. Pour le contrôle des engagements annoncés, il sera important de définir des standards communs, appliqués par une instance indépendante. La démarche devra se structurer et les statuts devront se muscler pour emporter l’adhésion des clients, aujourd’hui encore trop méfiants face à la sincérité de ce genre de démarche. D’après une étude BVA pour Salesforce publiée en juin 2019, près des ¾ des salariés estiment que l’engagement sociétal, environnemental ou éducatif des entreprises, en général, est opportuniste (72%).

 

 

Réconcilier le capitalisme avec l’intérêt général

Le développement du statut d’entreprise à mission est un symptôme de la sensibilité croissante à l’intérêt général. L’entreprise est utilisée comme catalyseur des transformations sociales et relais de la mise à jour du capitalisme, intégrant désormais à la création de valeur économique, les notions de préservation des ressources non renouvelables, d’équité, de réduction des inégalités…